isa-ete-93Isa, été 93, 2013

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Illustration de couverture de Denis

NOTICE :

Sur l’oreiller, une femme raconte ce fameux été où, accompagnée d’une amie, elle a passé ses vacances chez Isa, la tante de celle-ci. C’était en 93, l’année de ses dix-sept. Un été qui va l’éveiller à la sensualité, au désir suscité par une autre femme…

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EXTRAIT :

Plein été, dans le Var. La tante d’Anna vivait sur les hauteurs de Toulon, dans un appartement étroit. Anna était une copine de lycée. Comme elle ne souhaitait pas partir seule, et rester seule surtout pendant que sa tante travaillait, elle m’avait proposé de l’accompagner pendant deux semaines de vacances.
Je
n’aurais jamais imaginé sa tante telle que je la découvris à la gare, nous saluant d’un grand signe de la main. Menue, vive, la peau bronzée, les cheveux courts, elle portait des tongs jaunes et une jupe évasée si courte qu’elle dévoilait ses cuisses à chaque mouvement de hanches. Son dynamisme, la discussion tout de suite entamée, ses sourires, tout m’intimidait et me charmait. Je l’écoutais, un peu gauche avec mon sac de voyage à l’épaule. J’étais une adolescente timide, malhabile de ses mains et maladroite surtout à cause du corps que je traînais. Un corps qui avait changé si soudainement que je ne m’étais pas encore adaptée à ses nouvelles formes ni aux regards que ces dernières commençaient à susciter.

Plein été, il faisait chaud, il faisait soif. Isa, la tante d’Anna, nous conduisit directement chez elle une température agréable était maintenue grâce aux volets fermés. La douce pénombre fut propice aux propos badins, aux confidences et aux rires étouffés. Isa était si jeune, bien plus que la mère d’Anna à laquelle elle ressemblait peu. Autour d’un grand thé glacé, nous devînmes amies. Pas de ces amitiés durables sans doute, mais de celles qui naissent de la complicité de l’instant.
Isa
évoqua devant nous ses propres vacances lorsqu’elle était adolescente, les garçons au café, le baby-foot auquel elle feignait de s’intéresser afin d’effleurer ce gars aux yeux noirs, un premier baiser échangé là, sur le même baby-foot sur lequel elle s’était assise. Et cet été en colonie, sous une toile de tente, le babillage jusque tard dans la nuit. Elle s’appelait Myriam et portait une natte qu’elle tressait habillement chaque matin. Un soir, Myriam s’était collée à elle… C’était un contact si intense… Leurs mains firent le reste, les attouchements, les caresses.
C’était
donc cela, faire l’amour avec une femme…

Isa était partie loin dans ses souvenirs, le regard vague. Sa voix s’était altérée au point de finir dans un souffle. Malgré la chaleur, j’avais la chair de poule.

AVIS :

Sur le blog de Miss Kat : « Isa, été 93, comme une épitaphe. Une date qui marque la fin de l’innocence du personnage, sa rencontre avec la déception amoureuse, celle qui, l’espace d’un instant confine au désespoir.La fin de l’enfance aussi et l’entrée dans le monde des adultes où rien n’est jamais ce qu’il paraît. Si tout n’est qu’un jeu comme chez les enfants, si tout peut être « pour de faux », alors reste peut être l’amertume et la douleur d’une partie perdue. Ce texte est aussi celui d’un désir, dans ce qu’il a de plus beau car il reste inassouvi. Un texte court, mais sans doute le plus riche et le plus émouvant que ChocolatCannelle nous ait donné à lire. » Chronique à lire ICI.

Dans la bauge littéraire : « Un texte comme une escapade vers des souvenir de vacances, vers le mythique premier amour et l’adolescence, cette période si souvent rendue plus brillante par la distance qu’elle ne l’a été en réalité. Un texte où l’auteure déploie tous les moyens pour amener une scène d’amour saphique avidement attendu par tous les intéressé(e)s et qui se termine de façon si inattendue. J’ai aimé, et je ne peux que recommander ce petit texte qui, même s’il n’a pas l’ambition de jouer dans la cour des grands, est néanmoins capable de délicieusement dépayser ses lecteurs. » Chronique à lire ICI.

Sur le forum Au cœur de l’imaginarium : « L’utilisation du flashback permet de déconnecter le personnage de la réalité, un peu comme un rêve éveillé, un secret qu’elle ne confierait qu’au lecteur. On entre dans sa bulle en se sentant privilégié. Cela lui permet aussi de revenir sur ce souvenir avec recul et une analyse plus mature de ses sentiments. L’auteur donne ainsi plus d’intimité et d’intensité aux émotions évoquées. Le tout s’enrobe de frustration et de sensualité. La plume de l’auteure est fluide et efficace. Elle ne prend pas de détours dans le choix de ses mots. Ce côté direct apporte à l’ensemble une réalité et une crédibilité plaisante, car même si les mots sont parfois crus, l’auteure ne tombe jamais dans la vulgarité. On regrette cependant le côté rapide qu’offre le format nouvelle. […] Le retour à la réalité de la narratrice nous apprend la leçon qu’elle tire finalement de cette expérience, entre nostalgie et fantasme.  En conclusion, même si l’idée générale reste intéressante, et la nouvelle bien construite, elle souffre tout de même d’un léger manque de profondeur. » Chronique à lire ICI.